campingleranrouet.fr est un site éditorial indépendant. Il n'a aucun lien avec l'établissement « Camping Le Ranrouët » ni avec ses exploitants.
Horizon Nomade
Voyage

14 jours en camping-car en Islande : la Route 1 sans courir après la météo

Éloïse Saintagne 8 min de lecture
Camping-car sur la Route 1, Islande, circuit camping car 14 jours

Publié par : — Rédactrice spécialisée en voyage

Relu, corrigé et validé par : Antoine Mercier — Rédacteur en chef

Note de la rédaction sur nos actualisations

Un road trip en véhicule aménagé relie volcans, cascades, lagons glaciaires et villages de pêcheurs tout en laissant une certaine souplesse face au vent et à la pluie. Pour réussir votre circuit en camping-car en Islande, adaptez le parcours au temps disponible, choisissez un véhicule compatible avec les routes prévues et dormez uniquement dans les emplacements autorisés.

Construire un itinéraire réaliste selon le temps sur place

En Islande, les distances paraissent modestes sur une carte. Pourtant, la météo, les arrêts photographiques, les routes de gravier et les détours vers la côte allongent rapidement les journées. Un itinéraire réaliste prévoit donc des marges. Mieux vaut retirer une péninsule du programme que traverser le pays en surveillant constamment l’horloge.

Circuit camping car Islande sur la Route 1 entre cascades et paysages volcaniques
Circuit camping car Islande sur la Route 1 entre cascades et paysages volcaniques

Une semaine : le Sud et le Cercle d’Or sans se disperser

Pour sept jours, concentrez-vous sur Reykjavik, le Cercle d’Or et la côte Sud jusqu’à la région de Skaftafell ou au lagon glaciaire de Jökulsárlón. Ce format rassemble plusieurs sites majeurs accessibles par la route n°1 : Thingvellir, la zone géothermique de Geysir, la cascade de Gullfoss, Seljalandsfoss, Skógafoss, les plages de sable noir autour de Vík et les langues glaciaires.

Gullfoss présente une chute de 32 m, mais le spectacle tient aussi à l’ampleur du canyon et aux embruns. Gardez une couche imperméable à portée de main. Avec une semaine, prévoyez des étapes courtes et évitez d’ajouter les fjords de l’Est ou le Nord : ces détours transformeraient le séjour en succession de trajets.

Quatorze jours : la boucle de la Route 1 avec des étapes respirables

Deux semaines offrent un rythme solide pour accomplir le tour de l’île par la Route 1. Après le Sud, comptez plusieurs nuits entre les fjords de l’Est, le lac Mývatn et Akureyri, avant de rejoindre la péninsule de Snæfellsnes puis Reykjavik. Cette organisation laisse du temps pour les cascades, les points de vue et les balades courtes sans réduire chaque journée à la conduite.

Gardez une journée tampon, idéalement vers l’Est ou le Nord. Elle absorbera une météo difficile, une randonnée plus longue que prévu ou l’envie de rester près d’un fjord. Quatorze jours ne donnent pas accès à tous les recoins de l’Islande. Ils permettent surtout de voir beaucoup sans transformer le voyage en simple transit.

Trois semaines : ajouter les détours qui font la différence

Avec 21 jours, vous pouvez ralentir et intégrer les Westfjords, davantage de randonnées, des bains chauds et certaines zones de l’intérieur des terres lorsque les conditions et le véhicule l’autorisent. Ce format convient mieux aux voyageurs qui souhaitent multiplier les pauses plutôt que couvrir une grande distance chaque jour.

Les pistes demandent toutefois une préparation spécifique : un camping-car classique n’est pas un 4×4. Un circuit organisé peut aussi convenir si vous préférez une logistique cadrée. Certains programmes atteignent 3 340 km, dont 200 km de piste, avec des groupes limités à 17 camping-cars.

Choisir le véhicule avant de rêver aux pistes

Le choix ne se résume pas au confort ou au prix. Il détermine les routes accessibles, la facilité de stationnement, la consommation et la qualité des nuits par mauvais temps. Vérifiez les équipements réellement inclus : chauffage, couchages, cuisine, réfrigérateur, réserves d’eau, toilettes et douche changent l’expérience au quotidien.

Type de véhicule À privilégier pour Points de vigilance
Van aménagé de moins de 5 m Un couple, un itinéraire routier et une conduite facile Espace réduit, rangement et confort par pluie prolongée
Camping-car d’environ 7 m Une famille ou un séjour axé sur le confort Manœuvres, vent latéral, consommation et accès plus limité
Camper 4×4 avec tente de toit Les voyageurs visant certaines pistes autorisées Confort plus sommaire et nécessité de maîtriser la conduite sur piste

Pour rejoindre l’île avec votre propre véhicule, le ferry au départ de Hirtshals, au Danemark, arrive à Seyðisfjörður. La traversée est annoncée autour de 40 heures à deux jours selon les références. Cette solution n’est intéressante que si le coût total, le temps d’acheminement et les conditions d’assurance justifient l’embarquement.

Louer sur place après un vol simplifie souvent le séjour. Réservez tôt et examinez la caution, les franchises, les équipements compris et les exclusions liées aux routes non revêtues. Si vous envisagez le ferry avec un véhicule loué, vérifiez aussi que le contrat autorise la sortie du territoire et l’embarquement.

Conduire en Islande : la sécurité commence avant le départ

La route dicte le rythme. Les feux de croisement sont obligatoires toute l’année. Les limitations usuelles sont de 30 ou 50 km/h en agglomération, 80 km/h sur route non asphaltée et 90 km/h sur route asphaltée. Le taux d’alcool maximal est de 0,5 g/l de sang. Du 1er novembre au 15 avril, les pneus hiver sont obligatoires.

Ces limites ne remplacent pas l’adaptation aux conditions réelles. Un vent latéral, une chaussée humide ou une visibilité réduite peuvent imposer de ralentir davantage. Avant chaque départ, vérifiez l’état des routes et prévoyez assez de carburant pour les portions peu habitées.

Gravier, vent et animaux : les trois pièges à anticiper

Sur les portions de gravier, ralentissez avant les virages et les croisements. Les projections peuvent endommager le pare-brise et la carrosserie, tandis que la perte d’adhérence arrive vite avec un véhicule chargé. Le vent mérite la même attention, notamment à l’ouverture des portières et sur les zones dégagées.

Enfin, des moutons peuvent traverser la chaussée sans prévenir. Adaptez votre allure au terrain et gardez une distance suffisante plutôt que de compter sur un freinage d’urgence. Ces précautions prennent peu de temps, mais elles réduisent les risques sur les secteurs isolés.

Le paysage islandais peut bouleverser votre planning au gré des nuages bas, des rafales et de la visibilité. Au lieu de figer chaque visite à une heure précise, composez une réserve de lieux dans chaque secteur : une cascade proche, un sentier court, un musée ou un bain chaud. Si la lumière revient, vous partez vers le panorama. Si elle tombe, vous basculez vers une activité abritée. Cette méthode évite de considérer une journée pluvieuse comme une journée perdue.

Les routes F ne sont pas une variante de la Route 1

Les routes de montagne, souvent désignées par la lettre F, exigent un véhicule autorisé et des compétences adaptées. Ne vous engagez pas sur une piste si votre contrat de location l’interdit. Les gués, le relief et l’isolement ne se gèrent pas comme une route touristique classique.

Renoncer est parfois la décision la plus prudente. Le tour de l’Islande et les principaux sites du Sud restent tout à fait envisageables sans 4×4. Le choix du véhicule doit donc découler de l’itinéraire prévu, et non d’une envie générale d’emprunter les pistes.

Dormir légalement et organiser les journées sur la route

Le camping sauvage en véhicule n’est pas une solution par défaut. Prévoyez les campings et les aires autorisées, particulièrement en haute saison ou dans les zones très fréquentées. La Camping Card peut être pertinente selon le nombre de nuits et les établissements retenus, mais vérifiez sa couverture avant de construire votre boucle.

Des outils comme Park4night ou Campercontact aident à repérer les possibilités. Ils ne remplacent ni la lecture des règles locales ni le respect de la signalisation. Une aire indiquée dans une application peut avoir changé de conditions ou ne pas correspondre au gabarit de votre véhicule.

  • Arrivez avant la fin de journée lorsque vous avez besoin d’une douche, d’une laverie ou d’une place avec électricité.
  • Faites les courses dans les villes les plus importantes plutôt que d’attendre une petite étape isolée.
  • Remplissez l’eau et faites le plein de carburant dès que l’occasion se présente, surtout avant une longue portion peu habitée.
  • Ne roulez pas uniquement pour trouver où dormir : choisissez l’étape de nuit avant de lancer la dernière visite.

Prévoir un budget qui tient compte de la saison

Le poste majeur reste la location. En été, comptez généralement entre 300 € et 600 € par jour pour un camping-car et entre 200 € et 300 € pour un camper van. En hiver, le tarif indicatif d’un camping-car tourne autour de 200 € par jour, mais les conditions de conduite sont plus exigeantes et les journées plus courtes.

Poste Repère utile À intégrer au calcul
Carburant Environ 7 000 ISK pour 30 litres ou 9 000 ISK pour 40 litres Kilométrage, gabarit et détours
Ferry De 750 € aller simple à moins de 1 000 € aller-retour selon le véhicule et la formule Passagers, cabine et saison
Tunnel Vaðlaheiði 1 500 ISK sous 3,5 t ; 2 500 ISK au-delà Itinéraire choisi
Campings et activités Variables Nuits, bains, excursions et repas hors véhicule

Ajoutez une marge pour les assurances, les éventuels dommages liés au gravier, les parkings et les activités. Le camping-car réduit les dépenses d’hébergement et de restaurant, mais ne rend pas automatiquement le voyage économique. La saison, le véhicule et votre capacité à privilégier les étapes simples font la différence.

Pour comparer les formules, calculez le coût global plutôt que le seul tarif quotidien : location, carburant, campings, ferry éventuel, péages et activités doivent figurer dans la même estimation. Cette vue d’ensemble facilite le choix entre une location sur place et l’acheminement de votre propre véhicule.

Éloïse Saintagne
Retour en haut