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300 membres pour fédérer les acteurs du tourisme durable et agir sur les territoires

Éloïse Saintagne 8 min de lecture
Réunion d’acteurs du tourisme durable : carnet, cartes, badges tourisme durable

300 membres pour fédérer les acteurs du tourisme durable et agir sur les territoires

Le tourisme durable ne repose ni sur un seul métier ni sur un label isolé. Il mobilise toute la chaîne de valeur touristique : hébergeurs, restaurateurs, agences de voyage, sites de visite, transporteurs, prestataires d’activités, collectivités, institutions, habitants et visiteurs. Leur objectif commun consiste à réduire les impacts du séjour tout en renforçant l’économie locale, la préservation des ressources et la qualité de l’accueil.

Une chaîne d’acteurs, des responsabilités complémentaires

Un acteur du tourisme durable est une structure ou une personne qui intègre les enjeux environnementaux, sociaux et territoriaux dans son activité touristique. Cette définition concerne aussi bien une entreprise qui commence à réduire ses consommations qu’une destination déjà engagée dans une stratégie de transition. La démarche n’est donc pas réservée aux établissements certifiés : elle s’inscrit dans une logique de progrès mesurable et continu.

Les professionnels au contact direct des voyageurs

Les hébergements touristiques peuvent agir sur l’eau, l’énergie, les déchets, les produits d’entretien, les achats et l’information donnée aux clients. Les restaurateurs influencent les approvisionnements locaux, la saisonnalité, le gaspillage alimentaire et les portions proposées. De leur côté, les agences, voyagistes et transporteurs peuvent concevoir des itinéraires moins carbonés, mieux répartir les flux et mettre en avant des prestataires engagés.

Les gestionnaires de sites culturels et naturels, les guides, les loueurs, les organisateurs d’activités et les offices de tourisme jouent aussi un rôle important. Ils orientent les pratiques sur place : respect des milieux, mobilité douce, fréquentation des zones sensibles, accessibilité et découverte des savoir-faire locaux. Chaque choix proposé au visiteur peut rendre le séjour plus cohérent avec les capacités d’accueil du territoire.

Les acteurs qui structurent l’écosystème

Les collectivités, destinations, parcs naturels, associations, organismes de formation, consultants et institutions n’ont pas tous la même fonction. Ils créent toutefois le cadre nécessaire au passage à l’action. Une collectivité peut animer une dynamique territoriale, faciliter la montée en compétences et coordonner les professionnels. Les associations et les réseaux favorisent les échanges de pratiques. Les organismes d’accompagnement apportent des méthodes, des outils et des formations.

Les habitants participent aussi à l’acceptabilité touristique. Leur qualité de vie doit faire partie des critères de réussite, au même titre que la fréquentation ou les retombées économiques. Une démarche durable prend donc en compte les personnes qui vivent sur le territoire, les professionnels qui y travaillent et les visiteurs qui le découvrent.

ATD et les réseaux à connaître pour avancer

Les réseaux évitent aux structures de travailler seules face à des sujets techniques ou complexes. Ils permettent de confronter les expériences, de mutualiser des ressources et de donner une visibilité collective aux engagements. L’association Acteurs du Tourisme Durable (ATD) occupe une place centrale dans cet écosystème professionnel.

Le rôle d’Acteurs du Tourisme Durable

ATD fédère près de 300 membres actifs représentant les différents métiers du tourisme. Le réseau accueille à la fois des organisations déjà engagées et des structures qui souhaitent amorcer leur transition. Ses missions comprennent la mise en réseau, le partage de retours d’expérience, la production de ressources, l’animation de groupes de travail et la représentation du secteur auprès des institutions et des médias.

Pour une entreprise ou une destination, rejoindre un réseau ne remplace pas une stratégie interne. Cela peut toutefois accélérer l’apprentissage. Un hébergeur peut s’inspirer d’un protocole de réduction des déchets, un office de tourisme d’une campagne de sensibilisation ou une collectivité d’une méthode de mobilisation des professionnels. Les Meet-Ups, webinaires, formations, Universités du Tourisme Durable et Trophées Horizons offrent des occasions de transformer des intentions en actions partagées.

Réseau ou organisme Public principal Apport utile
Acteurs du Tourisme Durable Professionnels et institutions de toute la chaîne touristique Mise en réseau, retours d’expérience, ressources et représentation sectorielle
ADEME Collectivités et entreprises Guides, méthodes et conseils pour organiser la transition écologique
ADN Tourisme Organismes institutionnels du tourisme Échanges entre destinations et ingénierie territoriale ; le réseau regroupe 1 200 institutionnels
Agir pour un tourisme responsable (ATR) Professionnels du voyage Références et animation autour du voyage responsable ; l’association existe depuis 2004
Parcs et Grands Sites Territoires naturels et gestionnaires de sites Protection des patrimoines, gestion des usages et coopération locale

Labels et démarches : des repères, pas une fin en soi

Les labels sont utiles lorsqu’ils aident une structure à organiser ses priorités, à suivre ses progrès et à rendre son engagement compréhensible. Ils ne dispensent ni de mesurer les résultats ni d’impliquer les équipes et les partenaires. Une communication responsable doit présenter des actions précises plutôt que revendiquer un engagement général.

L’Écolabel européen pour structurer l’amélioration environnementale

L’Écolabel européen est un repère officiel reconnu en Europe pour les services touristiques concernés. Il porte notamment sur le management environnemental, les consommations, les déchets et les achats. Selon l’ADEME, les structures labellisées ont réalisé dès la première année 34 % d’économies d’eau et jusqu’à 17 % d’économies d’énergie. Ces résultats montrent l’intérêt d’une démarche structurée, mais ils ne peuvent pas être transposés automatiquement à chaque établissement : les usages, les équipements et les points de départ diffèrent.

La Charte européenne du tourisme durable répond à une autre logique, plus territoriale. Elle associe protection des espaces, concertation locale et activités touristiques compatibles avec les patrimoines. Elle compte 26 parcs nationaux signataires. Pour une structure, le choix dépend donc du périmètre d’action : performance d’un établissement, engagement d’une entreprise ou gouvernance d’une destination.

RSE, économie circulaire et accessibilité

Une démarche solide dépasse la seule question environnementale. La RSE invite à considérer les conditions de travail, les achats responsables, l’inclusion, l’accessibilité et les relations avec les fournisseurs locaux. L’économie circulaire peut prendre la forme du réemploi de mobilier, de la réduction des emballages, de la mutualisation d’équipements ou de la valorisation des biodéchets.

L’accessibilité améliore l’expérience de personnes aux besoins variés et élargit l’accueil. Ces sujets doivent être intégrés aux décisions quotidiennes, depuis la conception de l’offre jusqu’à l’information du visiteur. Ils donnent à la transition touristique une portée sociale et territoriale concrète.

Mobiliser un territoire sans juxtaposer les initiatives

Une destination gagne en cohérence lorsque ses professionnels avancent dans une direction lisible. Le rôle de la collectivité ou de l’organisme de destination consiste moins à tout faire qu’à relier les bonnes personnes, à clarifier les priorités et à maintenir une dynamique dans le temps. La coopération aide aussi à mutualiser les ressources, les compétences et les moyens humains.

Partir d’un diagnostic partagé et concret

La première étape consiste à identifier les enjeux locaux : pression sur l’eau, mobilité, déchets, saisonnalité, biodiversité, emploi, accessibilité ou conflits d’usage. Il est préférable de partir de situations observables plutôt que d’une charte trop générale. Des ateliers réunissant hébergeurs, restaurateurs, sites de visite, élus, associations et habitants font émerger des actions réalistes : bornes de remplissage d’eau, offres sans voiture, achats groupés, signalétique sobre ou formation des saisonniers.

Le séjour touristique forme souvent une bulle. Le voyageur voit la chambre préparée, le sentier balisé et l’assiette servie, sans percevoir les réseaux d’eau, la logistique, les saisonniers ou les milieux naturels qui rendent cette expérience possible. Rendre ces coulisses visibles avec tact peut favoriser la sensibilisation. Une information courte sur la ressource en eau, une invitation à privilégier un marché local ou un itinéraire à pied relie le plaisir du séjour à la réalité du lieu, sans culpabiliser le visiteur.

Organiser une feuille de route qui dure

Une feuille de route territoriale gagne à distinguer les actions rapides des chantiers de fond. Elle peut prévoir un référent tourisme responsable, un calendrier de rencontres, des groupes de travail thématiques et quelques indicateurs simples : consommation par nuitée, part des achats locaux, volume de déchets, fréquentation des mobilités alternatives ou nombre de professionnels formés.

Le suivi régulier permet d’ajuster les priorités et de valoriser des progrès vérifiables. Il aide aussi à maintenir la mobilisation lorsque les premiers projets sont terminés. Des objectifs compréhensibles et des résultats partagés facilitent l’implication de nouveaux acteurs.

Choisir son premier pas selon son profil

Le bon point de départ dépend de la maturité de la structure. Un hébergeur peut réaliser un état des lieux de ses consommations et associer son équipe aux premières économies. Une agence peut revoir ses critères de sélection des prestataires et les modes de transport proposés. Un site de visite peut travailler sur les flux, l’accessibilité et la médiation environnementale. Une collectivité peut cartographier les acteurs locaux et lancer un premier atelier interprofessionnel.

  • Pour une entreprise touristique : choisir deux enjeux prioritaires, définir des actions réalisables et conserver les preuves des résultats.
  • Pour une destination : fédérer les professionnels autour d’objectifs communs et mettre à leur disposition des ressources pratiques.
  • Pour valoriser un engagement : expliquer ce qui change concrètement pour les équipes, les visiteurs et le territoire, sans promesse excessive.
  • Pour se faire accompagner : consulter les guides et méthodes de l’ADEME, solliciter les réseaux professionnels et participer aux rencontres sectorielles.

Les acteurs du tourisme durable avancent grâce à leur capacité à coopérer. La transition touristique prend de l’ampleur lorsque les engagements individuels deviennent une culture territoriale, plus sobre dans ses usages, plus juste dans ses retombées et plus attentive aux ressources communes.

Éloïse Saintagne
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