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Voyage

Acteur du tourisme durable : ATD, labels et réseaux ne jouent pas le même rôle

Éloïse Saintagne 7 min de lecture
Acteur tourisme durable : consultant et écolabel européen dans un éco-lodge

Publié par : — Rédactrice spécialisée en voyage

Un acteur du tourisme durable est une organisation qui agit pour réduire les impacts du tourisme tout en soutenant l’économie locale, les populations et la qualité de l’emploi. L’expression désigne aussi, au pluriel, Acteurs du Tourisme Durable (ATD), un réseau professionnel national. Pour trouver le bon interlocuteur, il faut distinguer trois besoins : rejoindre une communauté, obtenir un accompagnement technique ou faire reconnaître ses engagements.

Une responsabilité qui concerne toute la chaîne touristique

Le tourisme durable ne se limite ni aux hébergements économes en eau ni aux séjours dans la nature. Il concerne les déplacements, l’hébergement, la restauration, les activités, la commercialisation et la gestion des destinations. Un transporteur, un office de tourisme, une école ou un prestataire numérique peuvent donc contribuer à cette transition, chacun avec des leviers différents.

La démarche repose sur trois dimensions indissociables : préserver les ressources et les milieux, respecter les personnes et maintenir une activité économique viable. Réduire les déchets ne dispense pas de travailler sur les conditions d’emploi, l’accessibilité des prestations ou les relations avec les habitants.

  • Hébergeurs et restaurateurs : suivre les consommations, limiter le gaspillage et adapter les achats.
  • Voyagistes, transporteurs et prestataires d’activités : agir sur les déplacements, les itinéraires et la fréquentation des sites.
  • Collectivités et destinations : organiser les mobilités, préserver les espaces et coordonner les professionnels.
  • Écoles, consultants et médias : former, accompagner et diffuser des pratiques vérifiables.

Se présenter comme un acteur engagé suppose donc davantage qu’une déclaration d’intention. Il faut pouvoir préciser son périmètre d’action, ses objectifs, les moyens mobilisés et les résultats suivis. Le slow tourisme ou l’écotourisme peuvent contribuer à cette démarche, mais ne résument pas à eux seuls le tourisme durable.

ATD : un réseau pour apprendre, coopérer et représenter la filière

Créée en 2011, l’association Acteurs du Tourisme Durable fédère les professionnels engagés dans la transition du secteur. Elle rassemble près de 300 membres actifs et représente les différents métiers de la chaîne touristique : entreprises, destinations, institutions, écoles, consultants et médias.

Des ressources et des échanges entre métiers

L’intérêt de ce réseau multimétiers est de croiser les contraintes et les solutions. Un hébergeur peut partager son retour d’expérience avec une destination ; une agence peut identifier des partenaires ; une collectivité peut mieux comprendre les difficultés opérationnelles des entreprises. ATD informe, sensibilise, produit des ressources et porte une démarche de représentation auprès des décideurs.

Les Universités du Tourisme Durable, les rencontres locales, les webinaires et les groupes de travail offrent différents formats pour progresser. Les Trophées Horizons participent à la valorisation d’initiatives responsables. Pour choisir un événement, partez d’un problème précis : mobilité des visiteurs, achats, adaptation des offres ou mobilisation des équipes.

Ce qu’il faut vérifier avant une adhésion

Le réseau s’adresse aux organisations déjà engagées comme à celles qui souhaitent structurer leur transition. Avant de rejoindre ATD, consultez ses rubriques consacrées au réseau, aux ressources, aux événements et à l’adhésion. Vérifiez les conditions en vigueur, la cotisation applicable à votre structure et les services accessibles aux membres.

Une adhésion n’est pas une certification environnementale. Elle donne accès à une dynamique collective, mais ne démontre pas, à elle seule, la performance d’un établissement ou d’un séjour. Son utilité dépend aussi du temps consacré aux échanges et de la mise en œuvre des enseignements recueillis.

Choisir son interlocuteur selon le problème à résoudre

Les organismes du tourisme durable sont complémentaires plutôt qu’interchangeables. Un réseau professionnel facilite la coopération ; un organisme public apporte des méthodes ; un label repose sur des critères et une procédure d’évaluation. Cette distinction évite de demander à une seule structure de répondre à tous les besoins.

Structure Public et rôle Besoin auquel elle répond
ATD Réseau national multimétiers Échanger, partager des pratiques et contribuer aux réflexions sectorielles
ADEME Entreprises et collectivités Trouver des guides, méthodes et conseils de transition écologique
ADN Tourisme Fédération regroupant 1 200 institutionnels du tourisme Mobiliser les organismes de tourisme et leurs ressources professionnelles
ATR Acteurs du voyage responsable Structurer une démarche adaptée aux métiers du voyage
Atout France Destinations et entreprises touristiques Inscrire la transition dans le développement de l’offre touristique
Grands Sites de France et réseaux de parcs Gestionnaires de sites et partenaires territoriaux Articuler accueil, préservation des espaces et coopération locale

Pour un hébergement, les conseils de l’ADEME et une démarche de labellisation peuvent constituer une première entrée. Pour une destination, ADN Tourisme et les réseaux territoriaux peuvent faciliter la mobilisation. Pour un voyagiste, ATR offre un cadre sectoriel, tandis qu’ATD permet d’élargir les échanges à d’autres métiers.

Concernant les espaces protégés, la Charte européenne du tourisme durable constitue également un cadre de coopération. Elle est mentionnée comme réunissant 26 parcs nationaux signataires. Les modalités d’engagement doivent être examinées auprès du réseau ou du gestionnaire concerné.

Des outils pour transformer l’engagement en résultats mesurables

La première étape consiste à établir un état initial : consommations d’eau et d’énergie, déchets, achats, déplacements, accessibilité et pratiques sociales. Ce diagnostic permet de choisir des priorités réalistes plutôt que d’accumuler des actions peu suivies.

L’Écolabel européen pour structurer un hébergement

L’Écolabel européen propose une démarche globale de réduction des impacts environnementaux. Pour un hébergement touristique, il aide à organiser les pratiques, les responsabilités et le suivi des consommations. Selon l’ADEME, qui cite des résultats de 2020, les structures labellisées réalisent 34 % d’économies d’eau et jusqu’à 17 % d’économies d’énergie dès la première année. Ces résultats ne constituent pas une garantie individuelle : les gains dépendent notamment de la situation initiale.

Pour éviter un diagnostic trompeur, pensez à la mousse d’un robinet équipé d’un aérateur : le volume apparent ne révèle pas le débit réel. Mesurez l’eau écoulée pendant une durée donnée, puis vérifiez le confort d’usage. À l’échelle de l’établissement, suivez aussi les litres par nuitée : une facture plus faible peut simplement refléter une baisse de fréquentation, sans amélioration des pratiques.

Mobiliser un territoire autour de ressources partagées

L’écologie touristique et territoriale s’inspire de l’écologie industrielle territoriale. Elle consiste à rechercher des complémentarités entre acteurs pour mieux utiliser l’eau, l’énergie, les matières, les équipements, les compétences et les moyens humains. Une collecte mutualisée, des achats groupés ou le partage d’un équipement peuvent devenir des projets collectifs, sous réserve d’en vérifier la faisabilité locale.

  1. Réunir un premier groupe volontaire associant professionnels, collectivités et partenaires locaux.
  2. Choisir un enjeu commun suffisamment concret pour susciter l’adhésion.
  3. Désigner un pilote, répartir les responsabilités et fixer un calendrier.
  4. Suivre quelques indicateurs comparables dans le temps, en tenant compte de la fréquentation.
  5. Partager les résultats, y compris les difficultés, avant d’élargir la démarche.

La communication vient ensuite : précisez les actions réalisées, leur périmètre, la période mesurée et les limites rencontrées. Un engagement crédible ne consiste pas à se déclarer « durable », mais à rendre visibles des progrès documentés et à expliquer le travail qui reste à accomplir.

Éloïse Saintagne
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